C'est la décision la plus lourde du projet, et celle sur laquelle vous avez le moins de repères. Vous n'achetez pas un objet que vous pouvez comparer en rayon : vous achetez une promesse, à quelqu'un dont vous ne pouvez pas juger le travail technique.
Voici ce qui distingue vraiment les options, et les questions qui révèlent la suite.
Les quatre façons de faire faire son site
La plateforme en libre-service
Wix, Squarespace, Shopify : vous construisez vous-même à partir de blocs. C'est le moins cher à l'entrée et le plus rapide à démarrer. En échange, vous payez un abonnement à vie, vous restez dans les limites de l'outil, et le site n'est pas vraiment à vous — il vit sur leur plateforme.
C'est un bon choix si vous avez du temps, de l'appétence pour le bricolage, et un besoin simple. C'en est un mauvais si vous comptez vous reposer dessus pour trouver des clients : le référencement y est médiocre et vous ne pourrez pas y faire grand-chose.
La grosse agence
Structure, process, interlocuteurs multiples. Le travail est généralement solide, mais vous êtes un dossier parmi des dizaines, et la personne qui vend n'est pas celle qui réalise. Les budgets démarrent haut parce qu'il faut financer la structure.
C'est pertinent pour un projet complexe avec plusieurs métiers à coordonner. Pour un site d'artisan ou de TPE, vous payez surtout de l'organisation dont vous n'avez pas l'usage.
Le freelance ou le petit studio
Un seul interlocuteur, celui qui conçoit et qui réalise. Les décisions vont vite, le site est fait pour vous et pas décliné d'un modèle, et le budget reste tenable. Le risque est la disponibilité : si la personne est débordée ou disparaît, vous êtes seul.
D'où l'importance de vérifier qu'elle existe vraiment — SIRET, adresse, assurance — et que le site vous appartient à la fin.
La connaissance qui s'y connaît un peu
C'est souvent gratuit, et c'est souvent le plus cher au bout du compte. Le site est fait sur son temps libre, livré à moitié, jamais mis à jour, et vous n'osez pas réclamer. J'en ai repris beaucoup. Si vous choisissez cette voie, mettez au moins par écrit qui possède le domaine et l'hébergement.
Les sept questions à poser avant de signer
Elles tiennent en cinq minutes au téléphone, et les réponses vous diront plus qu'un portfolio.
- Qui sera propriétaire du nom de domaine ? La seule bonne réponse est « vous ». S'il y a une hésitation, arrêtez là.
- Que se passe-t-il si je pars dans deux ans ? Vous devez pouvoir emporter le site, les contenus et le domaine, sans négociation.
- Y a-t-il un abonnement obligatoire ? La maintenance est légitime, l'abonnement sans lequel le site s'éteint ne l'est pas.
- Qui écrit les textes ? Beaucoup de devis bon marché supposent que vous les fournissez. Ce n'est pas un problème, à condition de le savoir avant.
- Le référencement est-il inclus, et jusqu'où ? Les bases techniques devraient toujours l'être. Un travail de fond sur des requêtes disputées est autre chose, et se facture.
- Qui répond quand il y a un problème ? Un nom, pas une adresse de support.
- Puis-je voir deux sites livrés il y a plus d'un an ? C'est la question la plus révélatrice : elle montre si le travail tient dans la durée.
Trois signaux qui doivent vous alerter
La première position garantie. Personne ne contrôle Google. Qui vous la promet vous ment, ou ne sait pas de quoi il parle.
Un devis sans échange préalable. Un chiffre donné sur un formulaire, sans avoir compris votre métier, n'engage à rien et se révisera.
Un portfolio de maquettes. Des visuels jolis mais aucun lien vers un site réel en ligne. Demandez les adresses, et ouvrez-les sur votre téléphone.
Ce qui compte vraiment, au fond
Au-delà de la technique, vous allez travailler plusieurs semaines avec cette personne, lui confier ce que vous faites et comment vous le faites. Si le premier échange est flou, si on ne vous pose aucune question sur votre métier, si on parle surtout de design et jamais de vos clients — ça ne s'arrangera pas ensuite.
À l'inverse, quelqu'un qui vous dit franchement qu'une refonte suffirait au lieu de vous vendre une création, ou qui vous déconseille une fonctionnalité dont vous n'avez pas l'usage, vous donne une bonne indication sur la suite.
Le bon prestataire n'est pas celui qui dit oui à tout. C'est celui qui comprend ce que vous vendez et à qui.
